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5 femmes au destin hors du commun Journée Internationale des Droits des Femmes

Déterminées, elles ont osé se lancer pour réaliser leurs rêves les plus fous. Pulvériser le record féminin du Vendée Globe après 87 jours, 2 heures et 24 minutes, parcourir 1200 kilomètres en vélo en Alaska, créer le premier concours international de chefs d’orchestre réservé aux femmes, remporter le championnat de France des super-plumes, ou encore devenir la plus jeune cheffe étoilée au Guide Michelin... A l’occasion de la journée internationale des droits des femmes, SORTIRAPARIS vous plonge au cœur des passions, engagements et aventures portés par ces femmes au destin exceptionnel. Interviews exclusives.

Clarisse Crémer, une navigatrice dans le vent

Certains défis semblent insurmontables. Pas pour Clarisse Crémer. Cette navigatrice de 31 ans est devenue le visage féminin marquant de la 9e édition du Vendée Globe.

« J’ai du mal à accepter que les autres arrivent à faire quelque chose que je n’arrive pas à faire » - Clarisse Crémer

"ClaCla", comme certains la surnomment, a réussi à boucler l'Everest des mers en 87 jours, 2 heures, 24 minutes et 25 secondes, à bord de l'IMOCA de Banque Populaire. Avec sa 12e place au classement final, Clarisse a même pulvérisé le record féminin du Vendée Globe, devenant la femme la plus rapide de la course au large, toutes éditions confondues !

Une performance qu’elle doit entre autres à sa force de caractère, bien qu’elle ne se considère pas comme une « warrior » dans la vie de tous les jours.

« Quand j’ai un objectif en tête, ça me décuple des forces physiques et mentales qui m’impressionnent tous les jours. Puis sur l’eau, on ne se laisse pas la possibilité d’échouer. Quand on est dans cet esprit-là, on soulève des montagnes » explique-t-elle.

« Je me suis fait happer par une passion » - Clarisse Crémer

Au départ, rien ne la prédestinait à cette vie de skipper jusqu’au jour où cette diplômée d’HEC décide de rejoindre en Bretagne celui qui deviendra par la suite son mari, le skipper Tanguy Le Turquais. Avec son projet de transatlantique en solitaire, elle a le déclic.

« J’ai mis un doigt dans un engrenage. Je me suis fait happer par une passion » avoue-t-elle, jusqu’au jour où Banque Populaire est venue la chercher pour lui proposer la grande aventure du Vendée Globe.

« Une chance totalement inouïe dans une vie de marin », surtout après seulement 5 ans d'expérience dans le monde de la voile professionnelle.

« Il y a des moments durs, qui font partie de l’aventure, mais il faut les accepter » - Clarisse Crémer

Une fois dans le grand bain, tout n’a pas été si simple. « Il y a des moments durs, qui font partie de l’aventure, et il faut les accepter ».

Mais ces 87 jours ont aussi été ponctués de moments magiques. Au large, la navigatrice se laisse aller à la contemplation, vit l’instant présent et se plonge dans ses souvenirs. La benjamine de la flotte féminine ne manque pas non plus d’humour, comme elle l’a prouvé à maintes reprises sur ses réseaux sociaux.

« Il faut accepter de ne pas contrôler tous les paramètres » - Clarisse Crémer

Mais derrière ce visage pétillant et cette bonne humeur débordante, se cache une compétitrice hors pair. « J’ai du mal à accepter que les autres arrivent à faire quelque chose que je n’arrive pas à faire ». Alors, Clarisse apprend très vite et prend des risques là où d’autres botteraient en touche.

Si la skipper ne se considère pas comme un symbole féminin du Vendée Globe, elle n’est pas contre l’idée de servir "d’illustration" auprès de jeunes filles qui n’oseraient pas se lancer. L’important est d’accepter la part d’incertitudes.

« Même si je n’aime pas faire de généralités sur les femmes, j’ai ce sentiment que l’on se sent souvent moins légitime en tant que femme, avec un manque de confiance en soi. Mais avoir des doutes peut aussi être une manière de progresser, de se remettre en question et d’apprendre plus vite que certaines personnes sûres d’elles. Il faut accepter de ne pas contrôler tous les paramètres » conclut-elle.

Linda Bortoletto, une exploratrice en quête de spiritualité

Une autre femme a décidé de partir à l’aventure, non pas en mer, mais sur la terre ferme. Linda Bortoletto est une exploratrice et écrivaine éperdument amoureuse de la nature et de l’extrême.

« J’aime aller dans des endroits où peu de personnes sont allées. Lorsque je suis dans la nature, je n’ai pas l’impression d’être seule. Bien au contraire, j’ai la sensation d’être connectée au tout ».

« Si je veux devenir qui je suis, c’est maintenant et pas demain » - Linda Bortoletto

Mais avant de se lancer dans cette carrière hors du commun, cette Française aux origines indonésienne et italienne se destinait à une tout autre vocation. C’est à 20 ans qu’elle s’engage dans l’armée de l’air où une carrière militaire prometteuse l’attend. Mais un drame personnel vient tout remettre en question. À 28 ans, elle perd son père. Un déclic pour Linda qui admet s’être égarée, au point d’être devenue une étrangère pour elle-même.

« Je découvre que la personne que je suis devenue ne correspond pas à ce que je suis. Et si je veux devenir qui je suis, c’est maintenant et pas demain » admet-elle. Alors, l’ancienne militaire décide de tout envoyer balader. À 30 ans, Linda démissionne, divorce et renoue avec ses rêves d’enfant : partir à l’aventure et voyager vers l’inconnu sans se poser de questions.

Pour sa première grande exploration, la voyageuse et écrivaine s’envole pour le Kamchatka, cette péninsule à l’extrême orient de la Sibérie. Elle y restera un été aux côtés des Tchouktches, ce peuple nomade de tradition chamanique et éleveurs de rennes.

Suivront d’autres explorations toutes aussi belles et enrichissantes intérieurement, comme l’Alaska où elle parcourt 1200 kilomètres en vélo à l'aube de l'hiver, l'Himalaya, aux côtés de nonnes bouddhistes à plus de 4500 mètres d'altitude, ou encore le Kirghizistan, où l’aventurière alterne 800 kilomètres de course à pied et 800 kilomètres de vélo.

« Explorer, c’est ma raison de vivre et d’être » - Linda Bortoletto

Pour chacun de ses voyages, Linda part seule. Pour autant, la peur ne fait pas partie de son vocabulaire. « Je n’ai jamais peur parce que c’est un désir qui est plus fort que tout. C’est mon plaisir, une passion, c’est ma raison de vivre et d’être ».

Mais tout aurait pu s’arrêter lors de son voyage en Turquie. Au cours de l’été 2019, Linda se lance dans une longue marche seule dans les montagnes isolées d’Anatolie centrale, lorsqu’un homme tente de la tuer et de la violer. Finalement, Linda réussira à s’enfuir. Mais l’aventurière reste profondément marquée par cette agression sexuelle, jusqu’au jour où elle trouve la force de repartir vers une nouvelle aventure, seule à nouveau.

« Le but de ce voyage était de me reconstruire après cette agression que j’avais vécue » - Linda Bortoletto

Cap vers la Cordillère des Andes, au Chili. « Le but de ce voyage était de me reconstruire après cette agression que j’avais vécue ». La voilà donc partie dans ce périple de résilience à l’assaut de l'un des treks les plus difficiles de la planète, le Greater Patagonian Trail. Un voyage qui lui a d’ailleurs inspiré le thème de son dernier ouvrage, intitulé « Le souffle des Andes ».

Avec cette force de caractère indéniable et cette perpétuelle quête spirituelle, Linda fascine et inspire. « Le pouvoir est en nous. On a tous un talent naturel ». Le plus dur est finalement peut-être de se lancer et s’affranchir des codes traditionnels inculqués depuis notre plus tendre enfance.

Claire Gibault, une cheffe d’orchestre engagée

Claire Gibault a elle aussi osé s’affranchir de ses codes en devenant l’une des rares femmes chefs d’orchestre françaises dont le nom résonne à l'international.

« J’aimais beaucoup transmettre aux autres ma passion et ma joie » - Claire Gibault

Née en 1945 au Mans, Claire découvre le monde de la musique classique très jeune. Elle débute le solfège à l’âge de 4 ans puis enchaîne avec le piano à 5 ans, et le violon à 7 ans. Mais c’est en intégrant l’orchestre des élèves du Conservatoire du Mans à l’âge de 13 ans que sa passion l’accapare pour ne plus jamais la lâcher : Claire Gibault sera cheffe d’orchestre.

« Plusieurs choses m’attiraient dans ce métier. J’aimais beaucoup transmettre aux autres ma passion et ma joie. J’avais également sans doute un tempérament très directif » admet-elle.

« Ça a été un combat, mais certains hommes ont cru en moi et m’ont aidée à me former » - Claire Gibault

Malgré cette envie dévorante, tout n’était pas réglé comme du papier à musique. La cheffe d’orchestre s’est heurtée au fameux plafond de verre d’un milieu trop masculin. « Chef d’orchestre est un métier qui cumule à la fois le pouvoir, dont les hommes sont très friands, mais aussi la gloire. » concède Claire.

« Alors, c’est vrai, ça a été un combat, mais certains hommes ont cru en moi et m’ont aidée à me former ».

Grâce à son talent et sa pugnacité, Claire gravit un à un les échelons. Premier prix du Conservatoire du Mans, elle intègre ensuite le Conservatoire national supérieur de musique de Paris puis décroche le premier prix de direction d'orchestre en 1969. Cette année-là, elle partagera même la Une de France-Soir au côté d’un certain… Neil Armstrong. En 1995, c’est la consécration. La virtuose de la musique devient la première femme à diriger l’orchestre de La Scala, à Milan.

« Diriger un orchestre avec une lutte contre toutes les formes de discrimination » - Claire Gibault

Des années plus tard, Claire Gibault affiche toujours cette volonté de fer guidée par son amour pour la musique. En 2011, elle crée donc son propre orchestre, le Paris Mozart Orchestra, afin de « faire bouger les lignes sur les valeurs et sur l’économie de la culture ». Aujourd’hui, cette formation d’une quarantaine de musiciens faire résonner la musique classique dans de prestigieuses salles de concert, mais aussi dans des maisons d’arrêt, des hôpitaux, ou encore des centres de mise à l’abri.

Claire souhaitait surtout diriger « un orchestre avec une lutte contre toutes les formes de discrimination, pas seulement la discrimination contre le sexisme, mais aussi contre le racisme, l’homophobie, l’orientation religieuse ou le handicap ».

« On ne va pas attendre 50 ans pour atteindre la parité, donc il faut booster les choses » - Claire Gibault

Insatiable et passionnée, Claire Gibault lance en 2020 La Maestra, un concours international de chefs d’orchestre réservé aux femmes. Une évidence pour la musicienne qui a beaucoup observé les statistiques. En France, on recense seulement 4 % de femmes chefs d'orchestre. Mais les choses tendent à évoluer.

On doit être en train de passer de 4% à 5% de femmes chefs d’orchestre en France, plaisante Claire, mais on ne va pas attendre 50 ans pour atteindre la parité, donc il faut booster les choses.

Rima Ayadi, championne de France de boxe et battante dans l’âme

Rima Ayadi souhaite elle aussi faire bouger les lignes. Si cette championne de France de boxe anglaise ne fait rien comme les autres, c'est qu'elle n'en fait qu'à sa tête, et ça lui réussit !

« Ça a été un coup de cœur instantané pour ce sport » - Rima Ayadi

En 2016, Rima Ayadi a 26 ans, 22 kilos en trop, et aucun intérêt pour le sport. Pour se défouler et extérioriser ses problèmes, la jeune femme accepte de suivre un ami entraîneur de boxe thaï. Dans cette salle, elle s'initie à la boxe avec un sac de frappes. « Ça a été un coup de cœur instantané pour ce sport », confie-t-elle. Elle se fixe alors pour objectif de pratiquer régulièrement et se tourne vers la boxe anglaise.

« J'ai dû insister pour me faire accepter, car j'étais trop vieille pour me lancer dans la boxe, je n'avais pas d'expérience. L'entraîneur du Boxing Beats d'Aubervilliers, Saïd Bennajem, était trop occupé avec les athlètes de haut niveau, c'était une machine à médailles », révèle la boxeuse.

« Je voulais leur prouver à tous que je pouvais le faire » - Rima Ayadi

Mais elle persiste, en dépit des difficultés, en dépit des moqueries et du manque de soutien.

« Au début, tout le monde était contre moi. Certains de mes proches avaient peur que je perde trop de temps et d'énergie en me lançant dans le sport à haut niveau à 26 ans. D'autres se moquaient, car la boxe est un sport dur et essentiellement masculin. Le respect, c'est quelque chose de difficile à gagner dans le monde de la boxe. Mais je voulais leur prouver à tous que je pouvais le faire », explique Rima Ayadi.

Très vite, elle se fixe alors comme défi de participer à une compétition. Elle s'inscrit au challenge du 1er Round, seulement deux mois après le début de son entraînement, et gagne le combat.

« Je n'ai pas de temps à perdre. Je suis une fille pressée, qui va vite et se donne à fond » - Rima Ayadi

En 2019, Rima Ayadi devient boxeuse professionnelle et se bat alors sous les couleurs de l’équipe de France. Elle participe à quatre combats professionnels et ajoute quatre victoires supplémentaires à son palmarès, dont le très prestigieux titre de championne de France, remporté le 19 décembre dernier.

Cette progression impressionnante n'étonne pas Rima. « Je n'ai pas de temps à perdre. Je suis une fille pressée, qui va vite et se donne à fond », sourit-elle.

Rima s'entraîne désormais au club BAM L’héritage, « le meilleur club de France. » Elle se prépare pour le Championnat d'Europe, et entend bien ajouter une nouvelle victoire à son tableau.

Entre-temps, Rima Ayadi a monté sa propre association, 1er Round, qui vise à populariser la pratique sportive auprès des jeunes de quartier et des femmes.

Pour la championne, l'initiation au sport procure du bien-être et augmente la confiance en soi. « Quand on a au fond de nous la conviction que l'on est doué pour quelque chose, il faut se lancer, même si les autres ne croient pas en nous », conclut-elle.

Julia Sedefdjian, étoile montante de la gastronomie

Julia Sedefdjian, cheffe du restaurant Baieta à Paris et plus jeune cheffe étoilée au Guide Michelin, a elle aussi osé se lancer.

« J'étais jeune, j’avais 15 ans, ça a été dur pour ma mère » - Julia Sedefdjian

Adolescente "un peu cancre à l'école", Julia Sedefdjian se prend tout d'abord d'affection pour la pâtisserie, avant de passer son CAP Cuisine en 2 ans, tout en travaillant au restaurant gastronomique L'Aphrodite à Nice, sous l'égide du chef David Faure. "Là, je suis tombée amoureuse de la cuisine, je ne voulais plus faire de pâtisserie".

Julia l’avoue, ses parents se montrent d'un soutien indéfectible pour sa passion. « J'étais jeune, j’avais 15 ans, ça a été dur pour ma mère. Elle m’attendait tous les soirs à 22h devant la porte de l’arrière-cuisine. J'en sortais les mains cramées, complètement fanée.»

Ses deux CAP et une médaille régionale au concours du Meilleur Apprenti de France en poche, Julia Sedefdjian quitte le soleil de la Côte d'Azur pour la grisaille parisienne. « Je devais partir un an, c'est ce que j'ai dit à ma mère. Mais je ne suis jamais revenue. »

Essuyant plusieurs refus, la jeune diplômée trouve finalement une place de commis au restaurant étoilé Les Fables de la Fontaine, dans le 7e arrondissement.

Tout s'enchaîne alors très vite, et à 18 ans seulement, Julia Sedefdjian devient sous-cheffe de l'établissement, avant d'obtenir la place très convoitée de cheffe. Là, le défi de Julia est de conserver l'étoile décernée au restaurant par le Guide Michelin. Challenge accepté et en 2016, Julia Sedefdjian devient la plus jeune cheffe étoilée par le Guide Michelin, à 21 ans. Une consécration.

Forte de sa première étoile, la jeune cheffe saute le pas et se lance dans une nouvelle aventure en ouvrant Baieta, dans le 5e arrondissement. Là encore, la magie opère, et un an seulement après l'ouverture de cette table, la cheffe décroche une nouvelle étoile au Guide Michelin.

« C'était autre chose que la première fois, parce que c'était mon restaurant. On a célébré la nouvelle avec toute l'équipe, une vraie famille ; c'était magique. »

« Il y a de plus en plus de femmes qui arrivent à des postes de responsabilités » - Julia Sedefdjian

Ce succès aussi grandiose et fulgurant dénote dans le monde fermé de la gastronomie. En 2020, seulement 33 cheffes étaient étoilées par le célèbre guide rouge. Le plafond de verre patriarcal serait-il en train d'enfin se fissurer ? Objective, Julia Sedefdjian imagine le futur du milieu qui, selon elle, avance dans le bon sens.

« C'est en train de changer. Il y a de plus en plus de femmes qui arrivent à des postes de responsabilités, de plus en plus de jeunes femmes dans les écoles hôtelières et dans les écoles de cuisine. Il faut laisser le temps au temps. Dans 10 ans, on va exploser ! » assure-t-elle.

« Au début, j'avais peur de me coller une étiquette, mais aussi de me fermer à une certaine clientèle » - Julia Sedefdjian

Geste plus puissant encore, dans ce milieu qui laisse peu de place aux différences, la jeune cheffe a récemment dévoilé le visage de sa compagne sur les réseaux sociaux. En retour, elle n'a reçu que du positif.

« Au début, j'avais peur de me coller une étiquette, mais aussi de me fermer à une certaine clientèle. Je me suis toujours assumée, mais maintenant je suis avec ma femme, et j'espère pour toute la vie. On est fiancées, on devait se marier en 2020 mais on a dû repousser le mariage. »

Ciceron, nouveau projet de Julia

Dans quelques semaines, Julia Sedefdjian ouvrira un nouveau lieu à Paris, Ciceron, une épicerie autour du pois chiche.

Une nouvelle idée fabuleuse d'une cheffe qui l'est tout autant, devenue en quelques années seulement un modèle pour une nouvelle génération de femmes, et une référence dans la gastronomie française.

Et à toutes celles qui voudraient suivre la voie qu'elle a ouverte, elle le dit :

« Ne lâchez rien, ne vous arrêtez pas au premier obstacle. Des obstacles, il y en a dans tous les métiers, tout au long de la vie. Alors, accrochez-vous et n'écoutez pas ceux qui vous disent que la cuisine n'est pas un métier de femme, c'est des conneries ! »
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Rédaction de Sortiraparis.com
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Credits:

Clarisse Crémer @ M. Keruzore BPCE | Clarisse Crémer @ Jeremie Lecaudey BPCE | Clarisse Crémer @ V. Curutchet BPCE | Clarisse Crémer @ Y.Zedda BPCE | Linda Bortoletto @ Linda Bortoletto | Claire Gibault © Masha Mosconi | Claire Gibault © Paris Mozart Orchestra _ Romain Fievet | Rima Ayadi © Marwen Farhat | Julia Sedefdjian © Pierre Lucet Penato | Julia Sedefdjian © The Travel Buds